J'ai découvert au moment de ma naissance en 1980 en Pologne ce que signifie la "conscience politique". Mon père, membre de solidarnosc ("Solidarité"), devait se présenter chaque jeudi à la milice (Milicja en polonais) pour qu'ils puissent vérifier ses papiers. Pendant ce temps, d'autres miliciens venaient à la maison pour mettre tout en dessus dessous devant ma mère, ma soeur et moi. La Pologne communiste n'a pas regretté notre départ en 1983 au contraire, les opposants etaient invités à quitter le pays. Mon père, mes parents devrais-je dire, s'opposaient à une dictature : parti unique, absence de la liberté de la presse (censure et propagande), etat policier, corruption... Ils ont tout quitté, leurs enfants sous le bras pour devenir ouvriers en France, eux qui avaient une "situation" en Pologne. Si ce n'etait pas ma vie je trouverai cela anecdotique.

Mars 2007, l'élection présidentielle est loin d'être jouée, on ne sait pas encore qui seront les candidats (Le Pen aura-t-il ses signatures ?). Quelques mois en arrière, le duel servi par les médias etait pourtant simple : Nicolas Sarkozy - Segolene Royal.

Nicolas Sarkozy, le populisme dans toute sa splendeur

Nicolas Sarkozy, candidat de l'UMP, soutenu par TF1 et par le groupe Lagardère (TF1 appartient à Bouygues, le PDG de Bouygues et Lagardère sont tous deux les parrains du fils de Sarkozy) présente tous les traits du populiste de droite. Un discours de gauche dans les usines, un discours de droite dans les meetings, des actions et des petites phrases d'extreme droite à son poste de ministre de l'intérieur. Il a reussi en quelques mois :

  • à mettre le feu à la France (les révoltes sociales en banlieue),
  • à rappeller à la France comme il etait simple d'expulser hors de chez eux des personnes coupable d'être des boucs émissaires,
  • à décrédibiliser la justice et à remettre en cause les bases de notre République, c'est à dire la séparation des pouvoirs (Montesquieu),
  • à remettre en cause la laicité de notre pays en soutenant l'institutionnalisation des communautés religieuses (autres héritages des Lumières),
  • à soutenir la politique suicidaire de Bush au Proche Orient (guerre en Irak, soutien inconditionnel d'Israel dans son conflit avec le Liban, menace d'intervention militaire en Iran),
  • a remis la censure à l'ordre du jour (interdiction de publier un livre le concernant, renvoi du responsable éditorial de Paris Match pour des photos présentant sa vie de famille sous un jour défavorable).

Il n'a ni essayé de regler le problème des déficits publics quand il etait ministre du budget, ni résolu les problèmes de violence et de criminalité en France ni dans les banlieues, ni en Corse, ni ailleurs. Sarkozy est à la fois l'homme politique le plus inefficace de la décennie et son meilleur communicant (populiste donc). A ce titre, la comparaison à Chirac s'impose.

Segolène Royal, le choix des médias pour faire perdre le PS

Segolène Royal est forcément plus sympathique. Les médias et les instituts de sondages ne s'y sont pas trompés, Sarkozy et Royal c'etait le yin et le yang à première vue. Opposer l'un à l'autre a juste réussi à convaincre les sympathisants socialistes qu'il faudrait élire Royal pendant leur primaire parce qu'elle seule pouvait gagner l'élection présidentielle. La bonne blague. Exit DSK, les médias ont déroulé le tapis rouge au nom du renouveau, à une femme sans véritable expérience.

Le véritable problème que me pose le PS n'est pas tant son invraisemblable programme d'aide et d'assistanat (smic à 1500 €), quoiqu'il est assez inquiétant d'envisager que pour "pacifier" les banlieues il faille y envoyer l'armée ! Bref, le programme du PS, c'est un joli feu d'artifice sur le papier mais quand on se déplace pour voir le spectacle, il se met à pleuvoir et tout est annulé jusqu'à la prochaine échéance électorale... Parrrole, Parrrole, Parrrole...

Si Segolène Royal est élue présidente, nous aurons des facistes de la trempe de Sarkozy au pouvoir 5 ans plus tard. Voter PS revient à laisser le pays en pature aux extrémistes dans 5 ans. La France connait des difficultés réelles et le programme socialiste ne pourra ni les résoudre ni même amorcer une amélioration.

Bayrou, le rendez vous avec l'histoire

Les médias ont donc voulu nous convaincre qu'il faudrait choisir entre deux premiers de la classe : le petit nerveux et la grande gueule au cheveux longs. Le 4eme pouvoir a échoué dans son rôle d'accoucheur de la démocratie, au lieu de mettre en lumière le pluralisme politique, les médias ont fait le jeu et promu le système bipartite made in USA. La démocratie est verrouillée, les petits partis ne peuvent ni se présenter, ni exposer leur idées, le FN représente 20% de la population francaise et n'est toujours pas présent à l'assemblée nationale...

Bayrou pourrait faire office de vote utile s'il ne représentait pas une promesse réelle de renouveau :

Je vous invite à lire le programme politique de Bayrou. Vous y trouverez des valeurs, du bon sens et de l'ambition pour les êtres humains que nous sommes et pour le pays.

Hasta siempre François !